Frédéric Jaunault, Sculpteur pour les Fruits et Légumes d’Alsace


Au début de son histoire, Frédéric Jaunault était primeur, le meilleur de France il y a six ans. Depuis, l’homme a créé sa société, écrit ses livres pour faire passer ses grands messages pour ses amis les fruits et les légumes. À coups de spectacles et d’ateliers.
Charmeur, Frédéric Jaunault offre une fleur de légume. Photos DNA – Jean-Paul kaiser
Le show est terminé, la salle se vide. Frédéric Jaunault distribue à ces dames ses dernières fleurs sculptées, pose sur l’une ou l’autre photo. Il n’en a pas l’allure, dans son “costume” de meilleur ouvrier de France, édition 2011, rayon primeurs, mais c’est une star. Avec ses spectacles, proposés depuis une dizaine d’années, il s’est fait un nom.
Il aurait pu vendre ses fruits et légumes ou encore les cuisiner, il a choisi de les vanter. Conteur, raconteur, il fait la promotion de la carotte, du navet ou de la pomme. S’il ouvre la curiosité des petits, comme des moins jeunes, avec un rare art de la découpe, il en profite pour glisser ses bons conseils.
Avec son couteau, il apprend à tailler une pomme pour faire joli sur le verre à cocktail, avec ses mots il rappelle quelques vérités sur notre monde, sur la réalité de ce bio qui n’a pas la même valeur ici (en France) et ailleurs (exemple au République dominicaine).
Derrière le show se cachent de vrais messages, des craintes parfois criantes. « La planète est blindée et qu’est-ce qu’on fait ? On nous parle de bio, mais on emballe certains de ces produits sous trois couches plastiques ! »
« Solidarité de proximité »
L’homme, originaire de Sologne, n’est pas là pour asséner ses quatre vérités – « je n’ai pas de solution » –, plus pour rappeler quelques vérités essentielles : « Pourquoi aller chercher à des milliers de kilomètres ce qu’on a juste à côté. » Il en appelle à « la solidarité de proximité avec nos agriculteurs qui se donnent du mal ».
Des mots qui doivent toucher la profession, celle du grand-père. « Au départ, vers 1995, j’organisais des ateliers pédagogiques, je ne connaissais pas plus que cela les fruits et les légumes, comme un cuisinier qui utilise la carotte en accompagnement. Puis, je suis tombé en sacerdoce. »
Avec une carotte, il est capable de tenir des heures entre anecdotes, jeux de mots, petites histoires et grande Histoire. Qu’elle soit blanche, violette ou orange, la carotte a sa Culture (à noter la majuscule). Celle qu’on lit peu, mais que, lui, se plaît à faire passer.
« J’ai voyagé à travers la planète (119 pays !) pour en rapporter ces connaissances. Il me faudrait trente ans pour en savoir un minimum. C’est tellement formidable, tout ce qui tourne autour des fruits et des légumes. Il y a tellement à dire. Il y a des hommes et des femmes derrière tout cela, tout un passé, un lien avec la nature… J’aurais pu me faire plus d’argent en étant pâtissier ou chocolatier. J’ai trouvé ma passion ailleurs. »
Il défend la cause des fruits et légumes à travers une école, une académie, il sensibilise les enfants, fait la promotion auprès des plus grands, enseigne aux professionnels. Son combat ne fait que commencer, il ne s’arrêtera jamais. Il y aura toujours la cause d’un concombre ou d’un chou à défendre.